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Imam des opprimés

Gaza: La reconstruction coûterait plus de 71 milliards de dollars, selon la CNUCED

Gaza: La reconstruction coûterait plus de 71 milliards de dollars, selon la CNUCED
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Par AlAhed avec sites web

La reconstruction de Gaza nécessiterait 71,5 milliards de dollars, selon un nouveau rapport de la CNUCED, qui décrit une économie en voie de «dé-développement», marquée par l’effondrement des capacités productives, l’explosion du chômage et une dépendance accrue à l’aide humanitaire.

Selon l’agence onusienne, 92 % des établissements économiques de Gaza ont été endommagés ou détruits. La CNUCED utilise le terme de «dé-développement» pour décrire l’asphyxie des capacités économiques de l’enclave.

Le logement concentre les dommages les plus importants, évalués à 19 milliards de dollars en 2025. Dans le même temps, la production agricole et industrielle a chuté de 94 %, tandis que seulement 1,5 % des terres cultivables étaient encore exploitables et accessibles, renforçant la dépendance de la population à l’aide alimentaire humanitaire.

Le numéro deux de la CNUCED, Pedro Manuel Moreno, a indiqué que plus de 90 % de la population n’avait pas d’emploi, tandis que le PIB par habitant était tombé à environ 0,58 dollar par jour. Les prix ont, quant à eux, augmenté de 274 % depuis le début de la guerre.

Avant octobre 2023, deux habitants de Gaza sur trois vivaient déjà dans la pauvreté. Selon Mutasim Elagraa, responsable de la coordination de l’assistance au peuple palestinien à la CNUCED, l’ensemble de la population de Gaza est désormais touché par la pauvreté, dans une situation qu’il qualifie de «déjà catastrophique» et qui «s’est considérablement aggravée».

L’effondrement économique se reflète également dans le poids de Gaza au sein de l’économie palestinienne : sa part est passée de 17,4 % avant octobre 2023 à environ 4 %.

La Cisjordanie également sous pression

La crise économique dépasse Gaza. En Cisjordanie, l’activité a progressé de 3,4 % en 2025, mais demeurait 7 % inférieure à son niveau de 2022. Le chômage y atteignait 28,7 %, contre 13,1 % en 2022, tandis que la pauvreté avait atteint 28 % fin 2024.

À l’échelle de l’ensemble du territoire palestinien occupé, le PIB restait 20 % inférieur à son niveau de 2022, avec une perte cumulée de revenus du travail estimée à 2,8 milliards de dollars.

La CNUCED alerte également sur la situation budgétaire de l’Autorité palestinienne. Selon l’agence, plus de 3,67 milliards de dollars de recettes fiscales palestiniennes sont retenus par «Israël».

Cette situation fait peser, selon la CNUCED, un risque de crise fiscale susceptible de provoquer un effondrement plus large du système économique palestinien, les entreprises peinant à fonctionner et les services publics étant fortement fragilisés.

Reconstruire une économie viable

Pour la CNUCED, la reconstruction ne peut se limiter à rebâtir les logements, les routes ou les infrastructures détruites. Elle doit également permettre de reconstituer les capacités productives dans l’agriculture, l’industrie, la construction, l’énergie et les technologies.

L’agence identifie notamment trois priorités : le transfert des recettes fiscales palestiniennes retenues, la préservation du système bancaire et la mobilisation de financements internationaux à la hauteur des destructions.

Avec une facture de reconstruction estimée à 71,5 milliards de dollars, la CNUCED souligne que l’enjeu dépasse la seule remise en état des infrastructures. Selon l’agence, la viabilité d’un futur État palestinien dépend également de sa capacité à disposer d’une économie fonctionnelle et durable, alors que des décennies de contraintes structurelles ont profondément entravé son développement.

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