L’Iran préserve ses capacités de production de missiles et de drones, selon Bloomberg
Par AlAhed avec sites web
Malgré plusieurs mois de frappes américaines et «israéliennes», l’Iran est parvenu à préserver ses capacités de production de missiles et de drones, lui permettant de reconstituer progressivement son arsenal militaire, selon un rapport de Bloomberg citant des responsables occidentaux.
Cette évaluation intervient alors que le président américain Donald Trump a affirmé, jeudi, dans une publication sur les réseaux sociaux, qu’il n’attaquera pas l’Iran avant les élections législatives de mi-mandat prévues en novembre prochain.
Dans un article publié vendredi 9 octobre, Bloomberg rapporte que des responsables occidentaux, s’exprimant sous couvert d’anonymat au sujet d’évaluations non officielles, estiment que Téhéran conserve la capacité de fabriquer de nouveaux armements afin de compenser ses pertes. L’un d’eux souligne que l’Iran dispose encore d’importants stocks de missiles balistiques et de certaines armes antinavires, tout en étant en mesure d’accroître rapidement ses réserves.
Des déclarations américaines contredites
Ces évaluations contrastent avec les affirmations répétées de Trump et de responsables de son administration, selon lesquelles huit mois de frappes aériennes auraient détruit la capacité de l’Iran à menacer les bases militaires américaines dans la région et les alliés de Washington.
Plus tôt cette année, Trump avait déclaré que l’armée iranienne avait été «complètement détruite». Le secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth, avait pour sa part affirmé, le 30 septembre, que les États-Unis avaient anéanti la «capacité industrielle militaire» de l’Iran ainsi que «toute sa base défensive».
La Maison-Blanche et le Pentagone n’avaient pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires de Bloomberg.
De son côté, le porte-parole du ministère iranien de la Défense, le général Reza Talaei, a affirmé que la capacité de production d’armements de son pays avait atteint 2,5 fois son niveau d’avant-guerre. Il a attribué cette progression à la mobilisation de l’ensemble des capacités de l’industrie de défense iranienne.
Le responsable a également indiqué que les programmes de production d’équipements offensifs étaient régulièrement actualisés pour tenir compte de l’évolution des modes de combat et des besoins des forces armées. Il a averti que toute erreur de calcul de l’adversaire se heurterait à des armements plus avancés et à une riposte vigoureuse de l’Iran.
Les dernières évaluations des services de renseignement occidentaux, datant de juin, estimaient que l’Iran conservait environ les trois quarts de ses munitions d’avant-guerre.
Par ailleurs, une analyse de Bloomberg Economics fondée sur des données publiques indique que, depuis le début du conflit, le 28 février, l’Iran a lancé plus de 4 000 drones Shahed à hélices ainsi qu’au moins 2 000 missiles balistiques.
Le risque d’un nouveau cycle de confrontation
Pour Becca Wasser, responsable des questions de défense chez Bloomberg Economics, le ralentissement des grandes opérations militaires américaines a offert à Téhéran une marge de manœuvre pour compenser ses pertes et reconstituer ses capacités en prévision d’une nouvelle phase de combats.
Elle estime que l’enchaînement entre désescalade, réarmement et reprise des hostilités pourrait prolonger le conflit, sans permettre à l’un ou l’autre camp de prendre un avantage décisif.
Ces évaluations suggèrent ainsi que, malgré les dommages subis par son industrie militaire, l’Iran conserve des capacités de production et des réserves d’armements susceptibles de peser sur la suite du conflit.
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