Liban: Le Hezbollah lance un programme de relogement au profit des sinistrés de l’agression «israélienne» dans toutes les régions
Par AlAhed
Le président du Conseil exécutif du Hezbollah, cheikh Ali Damouch, a annoncé le lancement du nouveau programme de relogement «Waad wa Iltizam» («Promesse et engagement»), destiné aux personnes déplacées ainsi qu’aux familles dont les logements ont été détruits ou lourdement endommagés par l’agression «israélienne» contre le Liban et sont devenus inhabitables. Le plafond de l’aide est fixé à 14 000 dollars pour les logements situés dans la capitale Beyrouth et la banlieue sud, et à 12 000 dollars pour ceux situés en dehors de ces zones.
Lors d’une conférence de presse consacrée à la présentation du programme, cheikh Damouch a expliqué que cette initiative s’inscrivait dans le prolongement de l’engagement renouvelé par le secrétaire général du Hezbollah, cheikh Naïm Qassem, à apporter une aide financière au peuple qui consent tant de sacrifices.
Il a affirmé que le Hezbollah assumait ses responsabilités pour alléger les souffrances de son peuple. «Nous démontrons une nouvelle fois que nous sommes une Résistance qui n’abandonne pas ses responsabilités et qui offre un modèle exemplaire dans la manière de les assumer. Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour que ce peuple demeure digne et la tête haute, et il en sera ainsi, si Dieu le veut», a-t-il déclaré.
Une aide destinée directement aux familles sinistrées
Cheikh Damouch a précisé que le programme s’adressait directement aux personnes touchées, en particulier à celles qui ont été contraintes de quitter leur résidence principale détruite ou endommagée, devenue inhabitable, et qui ne disposent d’aucun autre logement. L’aide doit leur permettre de louer un logement pour elles-mêmes et leurs familles, ainsi que d’acheter du mobilier, à l’instar du programme mis en œuvre par le Hezbollah après l’agression de l’entité israélienne» en 2024.
Les zones concernées comprennent l’ensemble des villages, localités et villes occupés par l’entité «israélienne», ainsi que les zones adjacentes considérées comme occupées de fait, où les habitants ne peuvent retourner vivre en raison des interdictions imposées par l’occupation ou des risques auxquels ils sont exposés.
Le responsable a souligné que l’aide serait distribuée dans toutes les régions libanaises touchées par l’agression, sans distinction d’appartenance confessionnelle ou politique. Le Hezbollah s’adressera à chaque citoyen en tant que personne et membre d’une même patrie, a-t-il indiqué.
«Notre main restera tendue à tous ceux qui ont subi des dommages du fait de l’agression sioniste contre notre pays, indépendamment de leur position politique. Nous resterons fidèles à notre engagement, comme nous l’avons toujours été, chaque fois qu’une échéance humanitaire liée aux besoins de la population se présente», a-t-il déclaré.
Cheikh Damouch a ajouté que les unités spécialisées du Hezbollah et ses structures locales avaient procédé à un recensement exhaustif des personnes déplacées dans les villages et localités du Sud, dans la banlieue sud de Beyrouth et dans les autres régions concernées.
«Promesse et engagement»: Un projet qui se poursuivra
Le président du Conseil exécutif du Hezbollah a indiqué que le gouvernement n’avait, à ce jour, mis en place aucun programme d’aide directe à la population sinistrée. Il a précisé que les opérations de déblaiement des gravats et certains projets gouvernementaux concernaient les infrastructures, sans apporter directement de soutien aux personnes touchées.
Il a souligné que la solidarité nationale et internationale ainsi que l’entraide populaire jouaient un rôle déterminant face à la crise du déplacement et aux besoins de la reconstruction. Appelant à renforcer ces efforts durant la période actuelle et dans les mois à venir, il a insisté sur l’ampleur du projet et sur la nécessité de conjuguer les efforts sur le terrain et dans la pratique.
«Nous avons lancé ce projet sous le titre “Promesse et engagement” pour dire aux plus nobles des hommes, ceux dont les maisons ont été détruites ou endommagées, que la promesse du Sayyed des martyrs de la Nation, sayyed Hassan Nasrallah, ainsi que l’engagement de notre secrétaire général, sayyed cheikh Naïm Qassem, seront tous concrétisés, avec la volonté de Dieu», a-t-il affirmé.
Il a précisé que le Hezbollah avait lancé le projet en s’appuyant sur Dieu et en vertu de son devoir moral, religieux et national envers son peuple. Quels que soient les efforts déployés, a-t-il ajouté, ils ne pourront jamais rendre pleinement justice à ce peuple qui consent des sacrifices et fait preuve de courage, et qui mérite que tout soit entrepris pour préserver sa dignité.
Le Hezbollah affirme poursuivre son engagement envers les sinistrés
Le responsable a réaffirmé que le Hezbollah continuerait à servir son peuple et à mobiliser tous les moyens possibles pour préserver sa dignité. Il a insisté sur le fait que cette démarche ne remplaçait pas les obligations de l’État et ne visait aucun gain politique ou populaire, mais relevait d’un «engagement religieux et moral envers notre peuple patient et éprouvé».
S’adressant aux habitants, il a déclaré : «Vous êtes véritablement, comme vous l’a décrit le Sayyed des martyrs de la Nation, les plus nobles, les plus dignes et les plus généreux des hommes. Vous avez stupéfié le monde par l’ampleur de vos sacrifices et conduit les ennemis de notre pays à désespérer de pouvoir briser votre volonté.»
Il a ajouté que, malgré l’agression de l’entité «israélienne» et les nombreuses souffrances endurées sur le plan intérieur, les habitants étaient restés attachés à leur pays, à sa paix civile et à la coexistence nationale. Personne n’a pu les détourner du choix auquel ils croient, celui d’un Liban uni dans lequel tous vivent dans la dignité.
S’adressant aux «partisans de choix perdants fondés sur des illusions», il leur a reproché d’avoir misé sur l’affaiblissement du Hezbollah et son renoncement à ses droits, tout en multipliant les discours de haine et d’incitation. Il les a appelés à revoir leurs calculs et leurs paris, ainsi que leurs tentatives désespérées et contraires à l’éthique pour atteindre le moral de la population à travers le déplacement et l’exil forcé.
Il a également accusé certains acteurs d’avoir misé sur le blocus américain et d’avoir relayé l’idée que les sanctions et les campagnes médiatiques mensongères empêcheraient le Hezbollah de garantir les conditions nécessaires à la résilience de la population. Il a affirmé que certaines institutions officielles avaient, sous l’effet de décisions prises par des parties étrangères, contribué à appliquer ce blocus afin d’empêcher l’aide d’atteindre les sinistrés et les personnes déplacées.
«La Résistance est une nécessité nationale»
Cheikh Damouch a réaffirmé que le choix de la Résistance constituait une nécessité nationale à laquelle il était impossible de renoncer, tout en soulignant que la reconstruction et le relogement des personnes déplacées relevaient de la responsabilité de l’État libanais.
Il a appelé les autorités à mettre fin aux concessions gratuites et aux violations de la Constitution et du Pacte national, et à renouer avec leur peuple. Il leur a reproché de chercher à faire porter aux citoyens la responsabilité de l’agression qu’ils subissent et d’attiser les tensions autour du sang des martyrs.
Le responsable a ensuite exposé plusieurs principes fondamentaux :
La Résistance a empêché l’occupation du Sud
Selon lui, les sacrifices et les actions de la Résistance ont constitué des épisodes héroïques qui ont empêché l’ennemi d’occuper le Sud et illustré la défense de l’existence du Liban. Il a précisé que l’occupation de certains villages et localités, leur destruction, ainsi que la prise de certaines positions ne signifiaient pas que l’ennemi pouvait s’installer durablement sur le territoire libanais. La fonction de la Résistance, a-t-il expliqué, diffère de celle des armées régulières : elle vise à épuiser l’occupant jusqu’à son expulsion.
Il a insisté sur le fait que les évolutions militaires liées à un rapport de force donné ne signifiaient nullement qu’il fallait accepter la capitulation et la soumission, rappelant que ces rapports de force pouvaient changer, comme le Liban en avait déjà fait l’expérience.
Les autorités n’ont pas assuré la protection de la souveraineté nationale
Cheikh Damouch a estimé que, depuis le 27 novembre 2024, les autorités avaient échoué ou s’étaient révélées incapables, volontairement ou non, de protéger la souveraineté du pays. Elles ne peuvent donc, selon lui, empêcher le peuple d’exercer son droit humain, moral et légal à la défense de ses terres.
Il les a appelées à mettre fin aux concessions et aux violations de la Constitution et du Pacte national, et à renoncer aux options extérieures qui, selon lui, visent à saper les fondements du Liban et à lui faire perdre sa liberté, sa souveraineté et sa stabilité.
Le Liban doit privilégier le dialogue et l’unité national
Le responsable a appelé tous les Libanais à mesurer la gravité de la situation et à faire primer l’intérêt du pays sur les intérêts partisans et confessionnels. Il les a exhortés à privilégier le dialogue et le rapprochement plutôt que les discours de haine et d’incitation, qui accentuent les divisions entre les composantes de la société. «Quoi qu’il arrive, le Liban restera un pays pour tous ses citoyens», a-t-il affirmé.
Le Hezbollah dit vouloir un État fort et juste
Cheikh Damouch a réaffirmé son attachement à un État fondé sur le partenariat national, conformément au Document d’entente nationale, capable de rassurer tous ses citoyens, d’assumer pleinement ses responsabilités et de soutenir, par tous les moyens, le choix de la libération.
La reconstruction et le relogement incombent à l’État
Il a insisté sur la nécessité de soustraire ce dossier humanitaire et national à tout calcul politique. Il a reproché au gouvernement de ne pas avoir engagé de véritable processus de prise en charge, que ce soit en recherchant les financements nécessaires, en prévoyant les crédits dans le budget ou en adoptant le cadre exécutif officiel permettant de recenser les dégâts et de calculer les indemnisations. Selon lui, le texte proposant un mécanisme en ce sens demeure dans les tiroirs du gouvernement.
La Résistance est enracinée dans notre peuple
En conclusion, cheikh Ali Damouch a affirmé que le peuple demeurait fidèle à la voie de la Résistance et à son choix, et attaché à son droit légitime de défendre sa personne, sa terre et ses lieux saints.
Il a déclaré que les forces du mal, quels que soient leur nombre, leur arrogance et leur brutalité, ne parviendraient pas à lui arracher sa volonté ni ses sources de force, au premier rang desquelles figure la Résistance.
Il a ajouté que ce peuple n’avait épargné ni le sang de ses enfants, ni ses maisons, ses champs ou ses commerces pour défendre son existence face à un ennemi qui cherche à le déraciner de sa terre. Malgré les crimes commis, a-t-il poursuivi, l’ennemi n’a pas réussi à briser sa détermination à défendre son droit à la liberté et à la Résistance.
Enfin, il a souligné que la Résistance était profondément enracinée dans le peuple, qui reste prêt à s’opposer à toute tentative visant à l’affaiblir. Elle représente son âme et le garant de son présent et de son avenir face à l’occupation et aux ambitions sionistes sur ses terres et ses ressources.
Cheikh Damouch a conclu en dénonçant les destructions, les meurtres et les ravages causés par l’occupation dans les terres et les villages libanais, sous les yeux d’une communauté internationale qu’il accuse de rester inactive. Il a également reproché aux autorités libanaises d’avoir renoncé à la souveraineté nationale sur leur territoire et d’avoir signé un «nouvel acte de cession de cette terre», consacrant l’occupation et l’agression contre le Sud.
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