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Attentat contre une église: La Jordanie frappe en Syrie, Damas dénonce une opération sans coordination préalable

Attentat contre une église: La Jordanie frappe en Syrie, Damas dénonce une opération sans coordination préalable
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Par AlAhed avec sites web

Au lendemain de l’attaque meurtrière contre une église orthodoxe grecque à Karak, Amman a mené des frappes aériennes dans le sud de la Syrie, affirmant viser des positions liées aux auteurs présumés de l’attentat. Damas déplore sept morts et dénonce l’absence de coordination préalable.

La Jordanie a mené, lundi, des frappes aériennes dans le sud de la Syrie, affirmant avoir ciblé des positions appartenant à des organisations terroristes liées aux auteurs présumés de l’attaque meurtrière contre une église orthodoxe grecque sur son territoire. Selon l’armée jordanienne, les opérations ont détruit plusieurs positions et fait de nombreux morts et blessés parmi les membres de ces groupes.

Ces frappes interviennent après l’attaque perpétrée vendredi contre l’église Saint-Georges, dans le village de Hammoud, dans le gouvernorat de Karak. Des hommes armés avaient ouvert le feu lors de funérailles, faisant neuf morts et 25 blessés, selon le bilan communiqué par les autorités jordaniennes. Amman avait alors promis une riposte ferme.

Lundi matin, les autorités jordaniennes ont annoncé l’arrestation de trois suspects, avant de confirmer, dans la soirée, le lancement d’opérations militaires dans le sud syrien. L’armée a affirmé que les cibles étaient liées aux auteurs présumés de l’attentat.

Damas dénonce une opération sans coordination préalable

En Syrie, les autorités sanitaires de la province de Daraa ont fait état de six morts, dont trois enfants et une femme. La Défense civile syrienne a confirmé ce bilan et signalé qu’une autre frappe dans la province voisine de Soueida avait tué un homme, portant à sept le nombre total de victimes rapportées.

Le gouvernement syrien a condamné l’opération jordanienne, soulignant qu’aucune coordination préalable n’avait eu lieu avec Damas. «Aucune coordination préalable avec le côté syrien n’a été enregistrée concernant l’opération militaire», indique un communiqué relayé par l’agence officielle Sana.

À la suite des frappes, les autorités syriennes chargées des frontières et des douanes ont annoncé la fermeture du principal poste-frontière avec la Jordanie, appelé Nassib côté syrien et Jaber côté jordanien. La décision, justifiée par «les circonstances actuelles», suspend le passage des voyageurs ainsi que les échanges commerciaux dans les deux sens.

Trois suspects arrêtés après l’attentat

Les trois suspects ont été arrêtés lundi dans une maison abandonnée du gouvernorat de Karak, où ils s’étaient retranchés. Selon Abdallah Maaytah, directeur de la sécurité publique, deux d’entre eux sont frères et le troisième est leur beau-frère. Les autorités les soupçonnent d’adhérer à l’idéologie takfiriste, qui consiste notamment à considérer comme apostats ceux qui ne partagent pas les convictions de ses adeptes.

Blessés lors d’échanges de tirs avec les forces de l’ordre au moment de leur arrestation, les trois hommes ont été hospitalisés. Les enquêteurs ont également saisi des armes et une importante quantité de munitions.

Le ministre jordanien de l’Intérieur, Mazen Al-Faraya, a précisé qu’aucun élément ne permettait, à ce stade, d’établir que les suspects avaient été en contact avec l’extérieur ou avaient coopéré avec des parties étrangères.

L’attaque a provoqué une vive émotion en Jordanie, où les chrétiens représentent environ 3 % d’une population de 11 millions d’habitants. Le gouvernorat de Karak, qui compte quelque 375 000 habitants, abrite notamment une importante communauté chrétienne.

Le roi Abdallah II avait dénoncé un «attentat terroriste» et promis que ses auteurs seraient soumis aux peines les plus sévères. Dans un nouveau message publié sur X, il a réaffirmé que les responsables seraient traduits en justice et que les partisans d’idéologies extrémistes visant à diviser la société jordanienne ne seraient pas tolérés.

De son côté, le ministre chargé de la Communication gouvernementale, Mohammad Al-Momani, a assuré que les autorités agiraient «d’une main de fer, sans pitié ni indulgence» contre toute personne menaçant la sécurité du royaume.

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