Mali: La Russie accuse la France et des pays occidentaux d’impliquer des militaires ukrainiens dans des actes de sabotage
Par AlAhed avec sites web
En accusant la France et l’Ukraine d’impliquer des militaires ukrainiens dans des opérations de sabotage et des activités terroristes au Mali, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, ravive les tensions géopolitiques au Sahel. Moscou cherche également à consolider ses liens avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette nouvelle escalade illustre l’intensification de la guerre informationnelle et des rivalités d’influence autour d’une région devenue un enjeu stratégique majeur.
Le 27 octobre, lors d’une rencontre avec des responsables de grands médias africains, Sergueï Lavrov a accusé certains pays occidentaux, dont la France, de faire intervenir des militaires ukrainiens dans des «activités terroristes» et des opérations de sabotage au Mali. Selon l’agence russe TASS, il a également affirmé que ces actions visaient à détériorer les relations entre Moscou et ses partenaires africains.
Paris, Kiev et Moscou : une rivalité qui s’étend au Sahel
Ces déclarations interviennent dans un contexte de recomposition des alliances régionales. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont renforcé leur coopération sécuritaire avec la Russie après leur éloignement de plusieurs partenaires occidentaux, tandis que la France a perdu une partie de ses positions militaires et diplomatiques dans la région.
En juillet dernier, les ministres des Affaires étrangères russe et des trois pays de l’AES avaient déjà dénoncé une prétendue coopération entre la France, l’Ukraine et des groupes armés opérant au Sahel. Ces accusations s’inscrivent dans un rapprochement politique et sécuritaire visant notamment à renforcer la présence russe et à remettre en question l’influence occidentale.
La question ukrainienne ajoute une nouvelle dimension à cette confrontation. Dans une enquête publiée le 26 octobre, Deutsche Welle a évoqué des informations selon lesquelles des spécialistes ukrainiens auraient apporté un soutien à des rebelles touaregs au Mali, notamment dans le domaine des drones. Le média a cependant précisé ne pas avoir pu vérifier ces informations de manière indépendante et a souligné que l’ampleur d’une éventuelle implication ukrainienne restait incertaine.
En mettant en cause Paris et Kiev, Sergueï Lavrov inscrit la crise malienne dans une rivalité internationale plus large. Cette approche rejoint le discours russe sur la volonté des États africains de s’affranchir de leurs anciennes dépendances occidentales.
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