Un rapport dévoile une campagne islamophobe de 8 millions de dollars opérée depuis «Israël»
Par AlAhed avec sites web
Une enquête indépendante lève le voile sur l'une des plus vastes opérations d'influence clandestine documentées ces dernières années. Menée par les chercheurs Marc Owen Jones et Sohan Dsouza, l'étude intitulée «Manufacturing the Great Replacement» révèle qu'un réseau structuré a injecté des millions de dollars pour propager des récits haineux, racistes et islamophobes à travers le monde, en ciblant particulièrement l'Europe et la France.
Un budget colossal pour des centaines de millions de vues
Publié fin octobre 2026, le rapport détaille une stratégie publicitaire agressive et massive. Entre octobre 2023 et octobre 2026, les entités derrière cette opération ont dépensé entre 5 et 8,2 millions de dollars uniquement en achats publicitaires directs sur des plateformes majeures telles que YouTube, TikTok et Facebook. Les auteurs estiment que le budget global pourrait en réalité dépasser les 11 millions de dollars si l'on prend en compte les archives publicitaires manquantes ou purgées par les réseaux sociaux.
Cette manne financière a permis d'acheter une visibilité phénoménale. Le rapport comptabilise au moins 533 millions d'expositions (impressions) publicitaires à travers 30 pays, certaines projections atteignant même les 830 millions de vues.
La France, cible privilégiée au cœur de la tempête numérique
La France s'impose comme l'une des cibles prioritaires de ce réseau clandestin. À elle seule, l'audience française a accumulé plus de 120 millions d'expositions.
Le contenu diffusé s'appuie directement sur la théorie complotiste du «grand remplacement». À travers des vidéos scénarisées, la campagne accuse de manière mensongère l'État du Qatar d'orchestrer et de financer une immigration de masse clandestine destinée à «islamiser» le continent européen. Les chercheurs soulignent que l'activation intensive de ces publicités coïncidait régulièrement avec des périodes électorales clés ou des moments de forte tension politique, suggérant une volonté délibérée de peser sur le climat social et le débat public occidental.
Des indices techniques pointent vers «Israël»
L'attribution de cette campagne repose sur des preuves techniques solides récoltées par les analystes forensiques. Les chercheurs mentionnent un niveau de confiance «modéré à élevé» quant à la localisation des infrastructures de l'opération en «Israël».
Parmi les indices clés figure une bévue technique de la part des administrateurs du réseau, qui a exposé une adresse IP localisée sur le territoire «israélien». De plus, l'analyse approfondie des fichiers de montage vidéo et des métadonnées des fichiers sources a révélé des éléments de configuration rédigés en hébreu.
Commanditaires inconnus et précédents industriels
Le rapport prend le soin de préciser que, si la piste technique mène indiscutablement à des professionnels ou des serveurs basés en «Israël», les données actuelles ne permettent pas d'identifier formellement les donneurs d'ordres finaux ni les sources de financement.
Cette affaire fait néanmoins écho à d'anciennes affaires d'ingérence numérique. Par le passé, des géants de la tech comme Meta et OpenAI avaient démantelé les infrastructures de STOIC, une société de marketing politique basée à «Tel-Aviv». Ce réseau distinct avait alors exploité l'intelligence artificielle pour mener des campagnes de déstabilisation et diffuser des discours anti-immigration au Canada et aux États-Unis, des pratiques industrielles de l'influence qui semblent continuer de se structurer dans l'ombre.
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