Guerre contre l’Iran: Les Américains ont dépensé 107 milliards de dollars de plus en carburant
Par AlAhed avec sites web
Les consommateurs américains ont dépensé environ 107 milliards de dollars supplémentaires en essence et en diesel depuis le début de la guerre contre l’Iran, par rapport à ce qu’ils auraient dépensé en l’absence du conflit, selon des estimations citées par le Wall Street Journal et réalisées par le Climate Solutions Lab de l’Université Brown.
D’après ces estimations, les dépenses supplémentaires en essence dépassent 59 milliards de dollars, tandis que le surcoût lié au diesel atteint environ 48 milliards de dollars. La facture supplémentaire représente ainsi plus de 500 millions de dollars par jour depuis le début des frappes américaines et «israéliennes» contre l’Iran, le 28 février.
Cette hausse intervient alors que les prix du pétrole continuent de progresser, le brut Brent ayant dépassé les 100 dollars le baril, ce qui pourrait maintenir la pression sur les prix des carburants aux États-Unis dans les prochaines semaines.
Une pression croissante sur les ménages
La hausse des prix des carburants ne se limite pas à l’augmentation des dépenses à la pompe. La hausse des coûts énergétiques pousse certains ménages, notamment ceux aux revenus faibles et intermédiaires, à réduire leur épargne ou à limiter leurs dépenses dans d’autres secteurs.
Michael Pearce, économiste en chef pour les États-Unis chez Oxford Economics, a déclaré au Wall Street Journal que la hausse des prix des carburants constituait «certainement un poids pour l’économie».
Selon les données du Bureau of Economic Analysis, le taux d’épargne personnelle est tombé à 3 % en juillet, l’un de ses niveaux les plus faibles depuis la récession américaine de 2007-2009.
Le diesel au cœur de la hausse des coûts
Le diesel occupe une place particulière dans cette hausse des coûts énergétiques en raison de son utilisation dans l’agriculture, les équipements de construction, le transport et la logistique.
Les contrats sur le Brent ont clôturé mardi à 108,75 dollars le baril, tandis que les contrats à terme sur le diesel ont atteint un nouveau record à 5,26 dollars le gallon.
Le prix moyen du diesel à la pompe aux États-Unis s’est établi mardi à 6,27 dollars le gallon, selon AAA, dépassant même les 8 dollars en Californie.
La hausse des carburants peut également se répercuter sur d’autres secteurs, notamment sur les prix alimentaires, en raison de l’importance des coûts de transport et d’exploitation dans l’agriculture.
59 milliards pour l’essence, 48 milliards pour le diesel
Le modèle de l’Université Brown s’appuie sur les prix quotidiens à la pompe et sur les tendances historiques de la demande afin d’estimer l’écart entre les dépenses effectivement consacrées aux carburants et celles qui auraient été enregistrées en l’absence de guerre.
Selon ce modèle, les dépenses supplémentaires des Américains en essence ont atteint environ 59 milliards de dollars depuis le début de l’année, tandis que le surcoût du diesel s’élève à 48 milliards de dollars.
Le Wall Street Journal précise que ces estimations ne prennent pas en compte la baisse éventuelle de la demande provoquée par la hausse des prix. Les dépenses supplémentaires effectivement enregistrées pourraient donc être légèrement inférieures.
Jeff Colgan, professeur à l’Université Brown et directeur du Climate Solutions Lab, estime toutefois que la diminution de la consommation constitue elle-même un coût économique, dans la mesure où la hausse des prix contraint les consommateurs à renoncer à certaines dépenses.
Les prix du pétrole compliquent la tâche de la Réserve fédérale
La hausse des cours du pétrole complique également la tâche de la Réserve fédérale américaine, en alimentant l’inflation tout en pesant sur la capacité des ménages à maintenir leurs dépenses.
La progression des prix du pétrole a également contribué à pousser le rendement des bons du Trésor américain à dix ans au-dessus de 5 %, augmentant ainsi les coûts d’emprunt dans l’économie.
Parallèlement, les investissements liés aux infrastructures de l’intelligence artificielle ainsi que les gains enregistrés sur les marchés boursiers, qui ont principalement profité aux ménages les plus aisés, continuent de soutenir la demande américaine.
La hausse des prix des carburants intervient alors que les approvisionnements mondiaux en pétrole restent perturbés. Le trafic maritime à travers le détroit d’Ormuz demeure inférieur à ses niveaux d’avant-guerre, tandis que le mouvement yéménite Ansarullah menace les pétroliers dans la partie occidentale de la péninsule Arabique. Des attaques ukrainiennes ont également perturbé une partie importante des capacités de raffinage russes.
Selon les données du département américain du Commerce, les Américains ont consacré plus de 400 milliards de dollars aux carburants, notamment à l’essence, l’année dernière, sans compter les dépenses de diesel supportées par les entreprises.
La hausse persistante des prix du pétrole et des carburants se répercute ainsi progressivement sur les coûts du transport, de l’agriculture et de l’alimentation, ainsi que sur les dépenses des ménages et l’inflation
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