«Israël» vient-il de franchir un nouveau cap pour effacer complètement l’idée de Palestine?
Par AlAhed avec agences
L’ONU a dénoncé une mesure «israélienne» sans précédent visant à saisir des terres palestiniennes privées dans une zone de Cisjordanie occupée destinée à l’administration palestinienne, afin d’y construire des infrastructures pour des colonies.
Lors d’un briefing devant le Conseil de sécurité, Ramiz Alakbarov, coordinateur spécial adjoint par intérim de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, a indiqué que l’ordre concernait des terres situées près de Qabatiya, au sud de Jénine. Elles doivent servir à construire une route reliant les colonies de «Noa» et «Emek Dotan».
Selon le responsable onusien, il s’agit de «la première saisie signalée de terres de la zone A explicitement destinée à des infrastructures de colonies».
La résolution 2334 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en 2016, considère les colonies «israéliennes» dans les territoires palestiniens occupés, y compris la partie Est (Jérusalem-Est), comme illégales et exige l’arrêt de toutes les activités de colonisation.
Alakbarov a averti que la poursuite de l’expansion des colonies, accompagnée de la multiplication des avant-postes et des attaques de colons, menaçait la viabilité d’un État palestinien indépendant, souverain et d’un seul tenant.
Il a également estimé que ces évolutions constituaient une violation du droit international, renforçaient l’occupation et portaient atteinte au droit du peuple palestinien à l’autodétermination.
La zone A au cœur de l’enjeu
Dans le cadre des «accords d’Oslo II» de 1995, la Cisjordanie occupée a été divisée en trois zones. La zone A est placée sous administration civile palestinienne et contrôle palestinien de la sécurité intérieure. La zone B relève de l’administration civile palestinienne, tandis que la sécurité y est contrôlée par «Israël». La zone C, qui représente environ 60 % de la Cisjordanie, reste sous contrôle «israélien».
La saisie de terres dans la zone A pour la construction d’infrastructures liées aux colonies marque ainsi une nouvelle étape dans la fragmentation du territoire palestinien.
Le «ministre israélien des Finances», Bezalel Smotrich, a ouvertement appelé à la prise de contrôle du territoire palestinien. Le 8 septembre, il a déclaré que les «accords d’Oslo» étaient «nuls et non avenus» et que les zones A et B étaient également revendiquées par «Israël».
Le «ministre de la Sécurité nationale», Itamar Ben-Gvir, s’est lui aussi prononcé en faveur de l’annulation des «accords d’Oslo».
Le corridor E1, autre point de tension
Selon les données présentées par Alakbarov, les autorités «israéliennes» ont approuvé 8 085 logements dans les colonies de Cisjordanie occupée et de al-Qods-Est occupée durant la période couverte par le rapport, du 13 juin au 18 septembre.
Des appels d’offres ont également été publiés pour près de 2 240 logements dans la zone C, dont 1 234 dans le corridor E1, à proximité d’al-Qods-Est.
Alakbarov a qualifié le projet E1 de «menace existentielle» pour la viabilité d’un État palestinien, estimant que la poursuite de l’«annexion rampante» constituait une violation du droit international.
Selon l’ONU, le développement de cette zone risque de couper davantage la continuité territoriale entre le nord et le sud de la Cisjordanie et d’isoler al-Qods-Est du reste du territoire palestinien.
Déplacements et dépeuplement de communautés palestiniennes
L’expansion des colonies s’accompagne également, selon l’ONU, d’une multiplication des attaques de colons et du déplacement de communautés palestiniennes.
Trois villages palestiniens ont été entièrement vidés de leurs habitants en raison des violences persistantes des colons, portant à 49 le nombre de communautés rurales dépeuplées depuis janvier 2023.
Les autorités d’occupation «israéliennes» ont par ailleurs démoli ou saisi 536 propriétés palestiniennes en Cisjordanie occupée, dont al-Qods-Est, entraînant le déplacement de 736 personnes, parmi lesquelles 347 enfants.
Plus de 33 000 Palestiniens des camps de réfugiés de Jénine, Tulkarem et Nour Shams restent également déplacés à la suite de l’offensive militaire «israélienne», selon les données présentées lors du briefing.
Alakbarov s’est dit profondément préoccupé par l’ampleur des déplacements en Cisjordanie, évoquant des inquiétudes concernant un possible «nettoyage ethnique».
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