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Élections «israéliennes»: Une défaite de Netanyahu changerait-elle la politique d’«Israël» ?

Élections «israéliennes»: Une défaite de Netanyahu changerait-elle la politique d’«Israël» ?
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Par Assia Husseini

Les élections législatives «israéliennes», prévues le 27 octobre 2026, pourraient décider de l’avenir politique de Benjamin Netanyahu. Les électeurs choisiront les 120 «députés» de la «Knesset». Le résultat dépendra ensuite des alliances entre partis : pour former un «gouvernement», un camp devra réunir le soutien d’au moins 61 députés. Les sondages placent actuellement la coalition de Netanyahu en difficulté, sans garantir pour autant que ses adversaires parviendront à s’entendre sur un «gouvernement».

À l’approche du vote, certains observateurs évoquent la possibilité que Netanyahu cherche à renforcer son image de dirigeant capable d’assurer la sécurité d’«Israël», éventuellement à la faveur d’une opération militaire dans la région. Cette éventualité reste une hypothèse, et non un projet établi. Sa campagne met déjà les questions de sécurité au premier plan, alors que l’attaque du 7 octobre 2023, survenue pendant son mandat, continue de peser sur son bilan. Au-delà de sa victoire ou de sa défaite, une question demeure : un changement de «Premier ministre» entraînerait-il un changement de la politique «israélienne»  ?

Netanyahu aborde donc les élections à la «Knesset», prévues le 27 octobre 2026, en position de faiblesse dans les sondages. Cependant, l’avance de Gadi Eisenkot ne signifie pas que son départ du pouvoir est certain. La question décisive sera de savoir qui pourra réunir une majorité pour former un «gouvernement» après le vote.

Selon un sondage de la chaîne 12, la coalition de Netanyahu obtiendrait 50 sièges, contre 54 pour l’opposition et 12 pour les partis arabes. L’alliance de Hendel et Zelekha obtiendrait 4 sièges. Si elle rejoignait l’opposition, celle-ci disposerait de 58 sièges, soit trois de moins que la majorité nécessaire pour former un «gouvernement».

Le sondage de la chaîne 13 donne 51 sièges à la coalition de Netanyahu, 52 à l’opposition et 13 aux partis arabes. Il indique aussi que l’alliance de Hendel et Zelekha franchirait le seuil électoral, sans préciser dans l’extrait cité combien de sièges elle obtiendrait.

Que signifient ces chiffres pour Netanyahu ?

Dans les deux sondages, son camp reste loin des 61 sièges nécessaires pour former un gouvernement. Mais l’opposition n’atteint pas non plus cette majorité à elle seule. Dans le sondage de la chaîne 12, même avec les quatre sièges de Hendel et Zelekha, il lui manquerait encore trois sièges.

Reuters décrit une campagne électorale dans laquelle Netanyahu se présente comme le dirigeant le plus capable de protéger «Israël» et de faire face à ses adversaires. Il dépeint ses concurrents comme plus faibles sur les questions de sécurité. Cette stratégie se heurte toutefois à un obstacle majeur : les élections de 2026 sont les premières depuis l’attaque du 7 octobre 2023, survenue alors qu’il était au pouvoir et qui a fragilisé sa crédibilité en matière de sécurité. Pour gagner, il doit donc convaincre des électeurs au-delà de sa base habituelle.

Si Netanyahu n’obtient pas de majorité, mais que ses adversaires ne parviennent pas non plus à s’entendre pour former un «gouvernement», le «gouvernement» sortant pourrait rester en place à titre provisoire et de nouvelles élections pourraient être organisées. Rester temporairement au pouvoir ne signifierait pas qu’il a réussi à former une nouvelle coalition.

Netanyahu cherche ainsi à préserver le plus grand nombre possible de sièges pour la «droite», à regagner la confiance des électeurs sur les questions de sécurité et à profiter des divisions de ses adversaires s’il ne peut pas atteindre les 61 sièges. Au vu des sondages actuels, sa meilleure chance pourrait être d’empêcher la formation d’un autre gouvernement, plutôt que d’obtenir une majorité claire pour sa coalition.

Pour le spécialiste du droit international Hassan Jouni, les sondages et les élections en «Israël» sont présentés au monde comme la preuve d’un système démocratique comparable aux systèmes européens. Selon lui, «Israël» tient à mettre cette image en avant, notamment auprès des Juifs vivant en Europe et aux États-Unis, afin de les encourager à immigrer et de rassurer ceux qui se sont déjà installés dans l’entité «israélienne».

Jouni estime toutefois que le débat sur les chances de victoire ou de défaite de Netanyahu ne doit pas faire oublier la question essentielle : les politiques «israéliennes» changeraient-elles avec un autre «Premier ministre» ? À ses yeux, le style et le discours pourraient changer, mais pas le fond de la politique, notamment en ce qui concerne l’occupation des terres et l’expansion territoriale.

Selon son analyse, l’arrivée d’un autre «gouvernement» pourrait permettre à «Israël» de présenter une image différente, après que la politique de Netanyahu aurait atteint ses limites. Cette nouvelle image pourrait, estime-t-il, attirer de nouveaux immigrants et rassurer des colons qui envisagent de partir.

Hassan Jouni considère également que Netanyahu n’a pas atteint ses principaux objectifs, malgré la prise de contrôle de nouveaux territoires. Il cite la poursuite de la résistance et une aggravation des crises politiques, économiques et démographiques en «Israël». Il évoque aussi des chiffres concernant le départ d’«Israéliens» de l’entité, un chiffre assez élevé selon lui.

En conclusion, Hassan Jouni estime que le résultat des élections pourrait changer la composition du «gouvernement» et sa manière de présenter sa politique. Mais, selon lui, il ne modifierait pas la nature du conflit ni les défis auxquels «Israël» fait face.

À un mois du scrutin, les sondages montrent que Netanyahu aura du mal à réunir une majorité, mais ils ne désignent pas encore son successeur. Le résultat dépendra autant du nombre de sièges obtenus que de la capacité des partis à s’entendre après le vote. Mais même si un autre «Premier ministre» arrivait au pouvoir, la question essentielle resterait celle de la politique menée envers les Palestiniens et dans la région. Le 27 octobre dira qui pourra gouverner «Israël» il ne dira pas, à lui seul, si cette politique changera.

 

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