Mobilisations lycéennes en France: Des universités rejoignent, LFI dénonce des violences policières
Par AlAhed avec agences
Alors que des protestations des lycéens se poursuivaient en France et s’étendent désormais aux universités, plusieurs députés de La France insoumise (LFI) ont dénoncé jeudi des interventions policières musclées contre des lycéens en région parisienne, après la diffusion sur les réseaux sociaux de vidéos montrant des confrontations entre des policiers et des jeunes.
À Sainte-Geneviève-des-Bois, dans l’Essonne, le député LFI Antoine Léaument a mis en cause un policier intervenu aux abords du lycée Albert-Einstein.
Dans un message publié sur X, l’élu français a apporté son soutien à une conseillère principale d’éducation (CPE) et à des lycéennes de l’établissement, affirmant qu’elles avaient été «poussées au sol et frappées» par un policier qu’il a qualifié de «brutal et violent».
Il a annoncé avoir signalé les faits à la procureure de la République au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale
Les images diffusées sur les réseaux sociaux montrent notamment une personne projetée au sol près d’un véhicule de police, puis plusieurs agents casqués au contact d’un groupe de jeunes.
Du gaz lacrymogène est également visible à la fin de la séquence.
Une autre intervention dénoncée à Versailles
À Versailles, dans les Yvelines, le député LFI de Seine-Saint-Denis Thomas Portes a relayé une vidéo montrant un policier percutant un jeune en train de courir.
«Regardez bien ces images. À Versailles, un policier vient volontairement percuter un jeune qui court», a écrit le parlementaire sur X, dénonçant une «sauvagerie policière» et appelant à mettre fin à ces pratiques.
Ces dénonciations interviennent alors que plusieurs lycées français sont touchés par des mobilisations et des blocages pour dénoncer les dégradations des conditions d'apprentissage, marqués par endroits par des tensions et des affrontements avec les forces de l’ordre.
Le ministère français de l’Intérieur a fait état de 1.949 interpellations et de 305 policiers, gendarmes et pompiers blessés pour la journée de jeudi.
Dans la soirée, le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nunez, a condamné «avec la plus grande fermeté cette violence débridée».
Dans des instructions adressées aux préfets avant la mobilisation, il avait demandé de mettre rapidement fin aux violences et aux dégradations dans l’espace public.
Dans les Yvelines, la préfecture a annoncé 82 interpellations depuis le début du mouvement et interdit, à compter de vendredi matin, les rassemblements non déclarés aux abords de 15 lycées.
Des étudiants et campus universitaires rejoignent le mouvement
Le mouvement, parti de plusieurs lycées de la banlieue parisienne il y a environ une semaine, concerne désormais plusieurs régions du pays, rapporte Franceinfo.
Selon l’Union étudiante, les établissements universitaires actuellement bloqués sont Lyon 2 et Lyon 3, l’université de Strasbourg sur son campus principal, Paul-Valéry à Montpellier, Aix-Marseille, les universités de Nanterre, Poitiers et Gustave-Eiffel en Seine-et-Marne.
À Paris, sont notamment concernés Paris Cité, sur le campus des Grands Moulins, ainsi que Paris 1 Panthéon-Sorbonne, sur le site de la Chapelle.
Du côté des lycées, la mobilisation a concerné 356 établissements mercredi, contre 338 mardi à la même heure, selon le ministre de l’Intérieur.
Franceinfo rapporte également que le nombre d’établissements concernés continue d’augmenter, alors que plusieurs actions de blocage se poursuivent jeudi.
Pour la seule journée de mercredi, 625 personnes ont été interpellées, tandis que 83 policiers et gendarmes ont été blessés, selon le bilan communiqué par Laurent Nunez.
Ces chiffres interviennent dans un contexte de tensions autour de plusieurs établissements scolaires, rapporte Franceinfo.
Des drones déployés dans le Calvados
En Seine-Saint-Denis, le lycée Paul Éluard, situé à Saint-Denis, est fermé jeudi, rapporte une journaliste de France Inter présente aux abords de l’établissement.
La Seine-Saint-Denis fait partie des territoires où les protestations avaient commencé à prendre de l’ampleur depuis plusieurs jours, avant de s’étendre progressivement à d’autres départements français.
Les protestations se poursuivent également en Ardèche, selon le réseau ICI. «Une demi-douzaine d’établissements sont concernés», précise sur ICI Drôme Ardèche le préfet de l’Ardèche, Benoît Trévisani.
«On a commencé mardi, il y avait deux établissements. On en a un peu plus aujourd’hui», ajoute-t-il, faisant état d’une progression du mouvement de contestation dans le département.
Le préfet insiste sur la nécessité d’assurer la continuité du fonctionnement des établissements et la sécurité des élèves et des personnels.
Dans le Calvados, la préfecture annonce de son côté le déploiement de drones jeudi afin de surveiller d’éventuels débordements devant ou à proximité de certains établissements d’enseignement, indique ICI Normandie.
Le dispositif prévoit une surveillance aérienne avec enregistrement et transmission des images.
La préfecture n’a pas communiqué les noms des lycées concernés, mais précise que le dispositif couvre trois villes: Caen, Hérouville-Saint-Clair et Mondeville.
Le CIFAC, Centre interprofessionnel de formation de l’artisanat du Calvados, situé à proximité du CHU, est également concerné.
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