«Nous restons fidèles à notre serment»: Un hommage vibrant deux ans après une perte exceptionnelle
Par AlAhed – Sarah Raad
Deux années se sont écoulées depuis ce jour sombre où le terrorisme «israélien» a arraché à son peuple un homme d'une stature exceptionnelle, laissant un vide immense et béant que le temps ne parvient toujours pas à combler. L'onde de choc de la perte tragique du secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, fait encore vibrer les cœurs d'une douleur aiguë, mais aussi d'une ferveur inébranlable. C'est sous le poids de ce deuil impérissable et l'ombre toujours vivante de son mémoire que s'est tenu, dans la banlieue sud de Beyrouth, le festival central du deuxième anniversaire du martyre des sayyeds Hassan Nasrallah et Hachem Safieddine.
Cet événement commémoratif a rassemblé des milliers de partisans, de personnalités politiques, religieuses et sociales dans un climat marqué par le souvenir, la dignité et la réaffirmation des engagements communautaires.
Des évènements similaires ont été organisés simultanément au Liban-Sud, dans le mausolée du sayyed hachémite à Deir Qanon al-Nahr, et au Bekaa, dans le mausolée du sayyed Abbas al-Moussaoui à Nabi Chit, où des foules immenses venues de plusieurs localités pour rendre hommage à deux figures majeures de la Résistance.
Déroulement et programme de la cérémonie
Le programme du festival a été structuré de manière à alterner moments de recueillement, prestations symboliques et prise de parole du secrétaire général du Hezbollah.

La cérémonie a débuté par une récitation collective de versets du Saint Coran, suivie de l'hymne national et de l'hymne de la Résistance.
Un court film retraçant la relation entre le Martyr de la nation et le peuple de la Résistance a été projeté sur des écrans géants, suscitant une émotion vive au sein de l'assistance.
Des troupes d'inchad (chants religieux et patriotiques) ont interprété des œuvres dédiées à la mémoire des martyrs.

A la fin de la cérémonie, cheikh Naïm Qassem a prononcé un discours pour souligner l'impact historique de l'engagement des deux dirigeants et rappeler la continuité de leur message.
Une atmosphère empreinte d'émotion et de ferveur
L’ambiance générale du festival oscillait entre la gravité du deuil et la fermeté de l'engagement collectif. Malgré le temps écoulé depuis leur disparition, la ferveur du public est restée intacte. Des portraits géants des deux sayyeds dominaient l'assemblée, tandis que des centaines de drapeaux et de portraits individuels étaient brandis par les participants de tous âges.

L'émotion était particulièrement visible lors de la diffusion des extraits sonores des discours historiques. Pour beaucoup de présents, la commémoration ne représentait pas seulement un hommage funèbre, mais un rassemblement d'affirmation identitaire et de cohésion. La présence massive de familles, de jeunes et d'anciens témoignait de la transmission intergénérationnelle de cet attachement.
«Nous restons fidèles à notre serment»
Le slogan officiel de l'événement, «Nous restons fidèles à notre serment», a servi de fil conducteur aux échanges et aux déclarations recueillies sur place. Ce leitmotiv a été largement commenté par les participants.
«Ce slogan n'est pas une simple phrase affichée sur des banderoles», explique Hussein, 34 ans, venu de Haret Horeik, lieu de l'assassinat du sayyed Nasrallah lors d’une agression «israélienne», le 27 septembre 2024. «C'est un principe de vie. Les Sayyeds nous ont enseigné la patience et la dignité. Venir ici aujourd'hui, c'est prouver que les idées et les valeurs ne meurent pas avec les hommes.»

Pour Zeinab, jeune étudiante, le serment évoqué renvoie à la continuité du message moral et social: «Rester fidèle au serment, c'est poursuivre le chemin sur le plan éthique, éducatif et communautaire. Le vide laissé par sayyed Hassan Nasrallah est immense, mais son héritage théorique et spirituel reste un guide clair pour notre génération.»
Hajj Abo Ali, la soixantaine dépassée, souligne quant à lui la portée symbolique du rassemblement: «En deux ans, rien n'a altéré la détermination des gens. Ce slogan exprime la loyauté d'un peuple envers ceux qui se sont sacrifiés pour lui. C'est un message de constance face aux défis futurs.»
La force silencieuse des mères et des familles
Au premier rang de la participation féminine - le rassemblement était divisé, selon la tradition, en sections distinctes pour les femmes et les hommes -, il y avait ces femmes qui n'avaient pas besoin d'un micro pour expliquer la raison de leur présence. Une mère, ayant demandé à conserver l'anonymat, est la mère d'un haut commandant de la Résistance et la grand-mère de trois martyrs. Elle est venue au sanctuaire en portant l'histoire d'une famille indissociable des guerres traversées par le Liban. «Je suis ici parce que je veux que ma présence soit comprise. Je suis la mère d'un dirigeant et la grand-mère de trois martyrs. J'ai perdu des êtres qui m'étaient très chers, mais cela ne m'a pas faite renoncer à ce en quoi ils croyaient», confie-t-elle. «Au contraire, leur sacrifice m'a renforcée dans la certitude que je dois me tenir aux côtés de la Résistance. Je ne peux pas demander à mes enfants de se sacrifier puis tourner le dos à la cause pour laquelle ils ont donné leur vie.»

Son histoire n'était pas isolée. Autour d'elle se trouvaient des mères de martyrs, des épouses, des sœurs ou des filles. Leur présence donnait au rassemblement une autre dimension. Pour elles, l'anniversaire n'était pas simplement la commémoration d'une figure politique, mais un moment lié à des parcours de vie entrelacés avec l'histoire incarnée par sayyed Nasrallah.
Une jeune femme dont le père a été tombé en martyre ajoute: «Les gens pensent parfois que les familles de martyrs finiront par se fatiguer et s'éloigner. Ils ne nous comprennent pas. Nous avons notre peine, mais nous avons aussi nos convictions. Nous sommes venues parce que nous le voulions profondément.»
De la scène libanaise à l'échelle régionale
Le rassemblement a également revêtu une dimension régionale. Des personnalités et des délégations venues du Yémen et d'Irak figuraient parmi les participants, témoignant des liens tissés par sayyed Nasrallah avec des mouvements et des forces politiques à travers toute la région. Pendant des années, ses discours ne s'adressaient pas seulement au public libanais, mais traitaient des évolutions allant de la Palestine à l'Irak, du Yémen à l'Iran.

Un participant yéménite a décrit ce que sayyed Nasrallah représentait pour lui: «Pour nous au Yémen, sayyed Hassan n'était pas une figure libanaise distante. Nous suivions ses prises de position sur la Palestine et la région, et nous avions le sentiment que sa voix portait des enjeux qui nous concernaient tous.»
Un visiteur irakien venu avec une délégation a ajouté: «Nous sommes venus parce que nous considérons sa perte comme une douleur ressentie au-delà des frontières du Liban. Nous voulions être ici, aux côtés de ceux qui continuent de perpétuer sa mémoire.»
La présence de ces délégations démontre que l'événement ne pouvait être réduit à une simple commémoration locale. Bien que l'héritage politique du sayyed Nasrallah suscite encore des débats au Liban et dans la région, son impact s'étendait au-delà des frontières libanaises, et ce rassemblement en reflétait pleinement la portée internationale.
Cette immense cérémonie a démontré la pérennité de l'ancrage populaire des deux dirigeants. Cet hommage n'était pas seulement le souvenir d'une figure historique, mais le cri vibrant d'une communauté venue puiser dans son souvenir la force de rester debout et d'honorer un héritage immortel.
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